Edito

Le festival Don Quijote qui paraissait à sa création en 1992 une utopie quichottesque , est aujourd'hui à sa 20 ème édition un événement singulier pour la dramaturgie espagnole et latino-américaine.

 

En ouvrant une fenêtre en France sur ce théâtre en langue espagnole :

Des classiques du Siècle d'Or espagnol aux textes contemporains

Des compagnies emblématiques aux jeunes metteurs en scène

Des scènes espagnoles aux cultures andines et amazoniennes

Des thématiques historiques à l'universalité sociale,

Le festival Don Quijote a présenté en près de 200 spectacles une sélection en version originale du théâtre espagnol et latino-américain.

 

Et à l'heure de sa 20 ème édition, le festival se devait d'accueillir des compagnies ayant marqué son histoire, telles que La Zaranda, Teatro Corsario, Arrieritos, l'auteur et metteur en scène Ernesto Caballero, d'Amérique Latine, des groupes ayant apporté de la diversité de culture et d'accents, tel Teatro Malayerba d'Equateur.

 

Un autre objectif étant de présenter de nouveaux auteurs comme José Ramon Fernandez, et jeunes compagnies telles que la Kimera Teatro et Fuensanta Morales d'Espagne.

 

Associé à la Fondation de l'Alliance Française, le festival participera à la présentation du théâtre Equatorien dans le cadre d'Alliances en Résonance, et en collaboration avec Hispanité Explorations est organisé un cycle de lectures-mises en espace d'auteurs espagnols : José Ramon Fernandez, Josep Lluis, Rodolf Sirera et Juan Mayorga.

 

Cette symbolique 20 ème édition est une occasion pour le souvenir, pour la réflexion sur la tâche réalisée et sa portée, mais aussi de déplorer le désengagement d'institutions qui préfèrent la promotion d'une culture multimédia, technologisée et mondialisée, de consommation rapide en vitrine surexposée.

 

Ce désengagement de certaines structures espagnoles et ce déficit d'intérêt de certaines institutions françaises et parisiennes ayant entrainé l'annulation de la participation de compagnies initialement programmées comme Animalario, Micomicon, Teatro La Llanura d'Argentine, Ditirambo de Bolivie, de l'auteur Alfredo Sanzol, de l'artiste Javier Ruibal.

 

Et c'est la dimension quichottesque de ce festival bien nommé qui se joue une fois de plus au bout de vingt années, sous le regard ,curieux, plutôt bienveillant, de ceux, spectateurs, participants, partenaires, tous aventuriers de l'Imaginaire, qui veulent encore croire en une culture à visage humain transcendant une réalité inhumaine.


Luis F. JIMENEZ        Alain EDWIGE